Tout sur Erdogan

Après une décénie de forte croissance, l'économie turc peine décidemment à redresser la barre.... Chute de la monnaie, récession, difficultés des entreprises à rembourser leur dette, les prévisions ne sont pas rassurantes, malgré les mesures prises par le gouvernement.

La Turquie est entrée en récession pour la première fois depuis 2009. Une mauvaise nouvelle pour le parti du président Erdogan, qui pourrait être mis sous pression lors des élections municipales prévues à la fin du mois.

La Turquie, plongée dans une crise monétaire qui inquiète le monde, a annoncé lundi une série de mesures pour soutenir la livre qui s'effondre sur fond de tensions avec les Etats-Unis et de défiance envers la politique économique du président Recep Tayyip Erdogan.

Le secteur bancaire européen est affecté par le repli de la livre turque, encore en recul de près de 20 % ce vendredi. Pour ne rien arranger, Donald Trump a doublé les droits de douane sur l'acier et l'aluminium turcs.

Au menu de la séquence de ce mercredi : la gouvernance mondiale. Il faut dire qu'avec les Trump, Poutine, et autre Erdogan, l'autocratie semble avoir de beaux jours devant elle. Une certaine conception du pouvoir qui a ses limites et qui n'est pas sans risques pour l'Europe.

La Turquie se prononcera dimanche sur l'opportunité ou non de renforcer les pouvoirs de son président. Les marchés gardent l'oeil ouvert sur le sort du pays.

De nombreux comptes dont ceux d'Amnesty International et du ministère français de l'Économie ont affiché un message en turc évoquant le référendum constitutionnel du 16 avril et débutant par une croix nazie. Cette attaque survient alors qu'Ankara est en plein bras de fer avec l'Allemagne et les Pays-Bas.

Depuis le coup d'état manqué, l'Europe s'inquiète des purges incessantes du pouvoir et des déclarations évoquant un rétablissement de la peine capitale.

Déjouant tous les pronostics, le président sortant turc Erdogan a largement gagné les élections législatives, avec près de 50% des voix et 316 sièges sur 550 au Parlement. Dès l'ouverture des marchés, la livre turque s'est envolée, gagnant d'un seul coup 5% de sa valeur face au dollar et à l'euro et entraînant dans son sillage la bourse d'Istamboul.