Tout sur Mozambique

Le Mozambique était autrefois le champion mondial de la noix de cajou. Il y a 20 ans, une cure d'austérité de la Banque Mondiale a laissé toute la filière de production exsangue. Patiemment, le gouvernement de Maputo a redressé le secteur et compte désormais reprendre sa place parmi les principaux producteurs mondiaux.

A Nhamapadza, dans le centre du Mozambique, une file de 150 véhicules attend patiemment le départ du convoi militaire qui doit les escorter sur la route principale du pays. Depuis la reprise des attaques armées de l'opposition sur cet axe en février 2016, l'économie mozambicaine est au ralenti.

Des affrontements sporadiques entre les forces gouvernementales et l'ancienne rébellion de la Renamo à l'intérieur du Mozambique ont poussé les civils à fuir leur village. A Nkondezi, à quelques kilomètres de la frontière malawite, des habitants accusent l'armée mozambicaine de perpétrer des exactions qui rappellent la guerre civile, achevée il y a plus de 20 ans.

Ils étaient 300 en juin, plus de 1500 en janvier : des Mozambicains qui fuient les violences politiques dans le nord de leur pays ont trouvé refuge dans un camp au Malawi. Aujourd'hui ils font face à la pauvreté, la faim et l'incertitude concernant leur avenir.

Si le nord du Mozambique et ses immenses réserves de gaz et charbon font l'objet de toutes les attentions ces dernières années, son potentiel agricole est aussi convoité par les investisseurs étrangers. Au grand dam de petits exploitants, expropriés pour laisser la place à de méga projets agricoles.

Dans les tavernes des quartiers populaires de Maputo, les clients s'enthousiasment de plus en plus pour l'Impala, une bière au manioc moins chère, commercialisée depuis quatre ans pour conquérir le marché des zones rurales et périurbaines, dominé jusque là par les bières artisanales.

Oubliée pendant un siècle, l'Ile de Mozambique renaît aujourd'hui peu à peu de ses cendres. L'ancienne capitale de la colonisation portugaise en Afrique de l'Est, classée au patrimoine mondial de l'Unesco retrouve son faste d'antan grâce à l'implication d'investisseurs privés qui s'attaquent à sa restauration.