Tout sur Palestine

Avec ses vastes boulevards, ses boutiques à la mode et son amphithéâtre romanisant, la ville nouvelle de Rawabi en Cisjordanie réalise le rêve de son créateur, mais reste pour certains Palestiniens une incongruité à l'avenir indécis.

L'OLP a décidé de diminuer le salaire de ses employés dans la Bande de Gaza. Une mauvaise surprise pour 70 milles habitants de la bande de Gaza, dans une ville déjà sous pression économique et sociale.

Entre le sévère blocus israélien et une unique centrale électrique endommagée par les guerres, l'enclave palestinienne de Gaza réussit à peine à fournir quelques heures de courant à ses 1,9 million d'habitants. Pour s'en sortir, de plus en plus de Gazaouis se tournent vers l'énergie photovoltaïque dans une région où le soleil brille une grande partie de l'année.

A Gaza, les artistes ne rêvent que de scènes enflammées, mais leur élan se heurte à la réalité: salles et instruments de musique manquent et le Hamas au pouvoir n'autorise quasiment jamais les concerts et spectacles de danse.

Abdel Hakim et Falestine finissent de s'installer dans leur petit appartement à Gaza. Lui s'active à réparer le compteur électrique qui fait des siennes, elle prépare du thé. Ils ont enfin pu s'installer ensemble, mais organiser et financer leur mariage a été un parcours du combattant.

Professeur de yoga diplômé de sociologie, Mohammed Khatib a un rêve: fouler la même piste que Usain Bolt, en août, au stade olympique de Rio de Janeiro, et y faire flotter le drapeau national palestinien. Pour cela, chaque jour, inlassablement, il s'élance sur les rares pistes --ni très professionnelles ni très sûres-- qu'il trouve à Ramallah en Cisjordanie.

Dans les échoppes vides et les hôtels désertés, commerçants et guides touristiques sont unanimes: "c'est le pire Noël qu'ait connu Bethléem". La ville où naquit Jésus selon la tradition biblique prépare donc dans la résignation les célébrations des 24 et 25 décembre, dont la traditionnelle Messe de minuit dans la basilique de la Nativité.

Les bonnes années, les visites guidées des lieux saints de Jérusalem sont remplis des mois à l'avance pour novembre et décembre. Cette année, les touristes se font plus rares depuis qu'une vague de violences secouent Jérusalem, Israël et les Territoires palestiniens occupés, où les manifestations et les heurts sont quotidiens.

La synagogue est devenue un entrepôt et le jardin d'enfants un bâtiment administratif. Dix ans après le retrait des Israéliens, leur présence à Gaza n'a laissé derrière elle que la colère des colons évacués et un débat historique sur ce désengagement.

"On allait mieux il y a un an: le monde entier se préoccupait de Gaza alors qu'aujourd'hui, tout le monde s'en fout!". Dans sa maison éventrée par les chars israéliens, Rabah ne décolère pas car rien n'a changé depuis la guerre de l'été dernier, ou alors "pour le pire".

La concurrence chinoise a bien failli avoir sa peau il y a une dizaine d'années mais aujourd'hui le keffieh a retrouvé une nouvelle jeunesse, il se décline dans toutes les couleurs et est même devenu un accessoire à la mode à travers le monde.